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Une exposition originale sur les traces du charbon

Daté du 12/11/2017 - Evènements

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La Galerie Moulay El Hassane d’Oujda abrite, jusqu’au 24 novembre, une exposition pour le moins originale réalisée par les artistes peintres Azzeddine Abdelouhabi et Driss Rahhaoui. La peinture, la calligraphie et les sculptures sont réalisées à base de coquilles d’œufs et de morceaux de charbon. Une technique en écho pour souligner le rapport entre l’origine de la création et l’impact de l’œuvre humaine sur le milieu socio-économique.

Deux vidéos et une centaine d’étuis de médicament complètent la résonance visuelle de l’espace par une sémantique propre aux mineurs de Jerada. Tout un vocabulaire référentiel leur est dédié pour rappeler les drames des cités de charbon et les souffrances endurées par les hommes, en quête de leur gagne-pain (symbolisé par la dichotomie œuf-noir).

Sur le plan matériel, l’entrée de la galerie est un passage rempli de coquilles d’œufs qui mène à un puits de minier. Le cheminement d’une vie qui se noie dans l’obscurité à cause de cette couleur opaque qui endurcit les cœurs et les esprits. Une atmosphère qui interpelle le spectateur et lui propose des pistes pour appréhender certaines spécificités de l’art contemporain. Et c’est cette idée qui est à la base du titre donné par les deux artistes à leur exposition: «Origines, mythes et réalité».

À travers des objets ready-made et des boîtes de médicaments reconstituées et détournées, Driss Rahhaoui questionne la mémoire douloureuse de sa ville. Le charbon, sujet et matériau de son travail, interroge la dimension historique du bassin minier de Jerada, fermé en 2001.

L'arrêt de l’exploitation de la mine a entraîné des bouleversements sociaux, urbains, écologiques et humains. Driss Rahhaoui pose, avec insistance, des questions d'ordre social et politique. Il interpelle le spectateur et le décideur sur les conséquences de cette fermeture et les effets néfastes de l’extraction clandestine de charbon qui perdure sur ce territoire.

De son côté, Azzeddine Abdelouhabi, connu pour sa démarche qui allie à la fois pratique et théorie, création et commissariat d’exposition, propose une œuvre inattendue en se saisissant de l’œuf, devenu la base d’une création plastique. Une manière propre d’interroger les mythes liés à la fois à sa fragilité, à son histoire et sa symbolique.

«L’œuf est utilisé pour susciter un débat autour de l'écologie, les rapports sociaux et la dimension esthétique d'une œuvre» souligne Azzeddine Abdelouhabi  Il n'est jamais utilisé dans sa totalité. Seule la coquille est déployée pour renvoyer à plusieurs thématiques.

Elle est d'abord couleur, comme l'indique son nom arabe «bida», mais qui fait écho par sa teinte au noir du charbon. Une dichotomie qui permet aux deux artistes de relater la réalité humaine  dans ce qu'elle a de quotidien, de banal, de merveilleux et de douloureux.

Source : L'économiste

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