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Le Maroc pourrait bientôt perdre huit dialectes selon l'UNESCO

Daté du 04/10/2016 - Région de l'Oriental

Huit dialectes sont actuellement menacés de disparaître au Maroc. Un capital linguistique en déclin réparti dans plusieurs régions à dominante berbérophone. Les langues héritées de la communauté juive, aussi bien francophone qu’hispanophone, se font aussi de plus en plus rares.

Quel point commun, a priori incongru, partagent le fennec, le chat sauvage et la gazelle dama avec le berbère de Figuig, le judéo-espagnol et la ghomara ? Ces espèces animales et dialectes sont tous en voie d’extinction au Maroc, voire quasiment éteints. L’Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) a dressé une carte interactive des langues en danger dans le monde. L’institution onusienne en dénombre huit au royaume, dont deux considérées comme « éteintes ». Principal dénominateur commun de ces langues ; elles campent toutes dans des territoires reculés.

C’est le cas du berbère de Figuig et du sud oranais, à l’extrême-est du Maroc, qui reste surtout l’apanage des Zénètes, populations amazighes nichées au Maghreb, de la côte tangéroise jusqu’à Tripoli. A l’heure actuelle, entre 20 et 30 000 personnes parlent toujours ce dialecte, note l’Unesco. Au royaume, ces populations sont confinées dans sept oasis : At-Wadday, At-Amar, At-Lamiz, At-Sliman, At-Anaj, At-Addi et Iznayen. Son niveau de vitalité, conformément à la terminologie employée par l’ONU, est « vulnérable » ; la plupart des enfants le parlent, mais il peut être restreint à certains domaines comme la maison, par exemple.

Moins bien loties que leurs camarades amazighes de Figuig, les populations de Béni-Snassen, chaîne montagneuse à l’extrême nord-est du Maroc, se trouvent également confrontées à la déperdition de leur idiome. C’est là que la tribu des Aït Iznassen y a depuis longtemps érigé son fief, dont les territoires, stratégiques de par leur position, ont fait saliver plus d’un colon. Si aucun recensement n’a jamais inclus la variable de la langue maternelle, précise l’Unesco, on estime à 25 000 le nombre de personnes qui continuent de faire perdurer le dialecte tamazight de cette région. Des estimations établies à partir des chiffres de la population et des visites effectuées sur le terrain. C’est surtout dans les petites villes qui jalonnent l’Oriental que la langue se délie, comme Aklim, Madagh, Aghbal, Tafoughalt, Chouihiyya, Sidi Bouhouriyya et Fezouane. Pourtant, le dialecte tamazight des Béni-Snassen est « en danger » ; les enfants n'apprennent plus la langue comme langue maternelle à la maison.

Des langues d’origine juives qui se transmettent peu… 

Pis encore, le judéo-arabe marocain, classé « sérieusement en danger », est « parlé par les grands-parents ; alors que la génération des parents peut la comprendre, ils ne la parlent pas entre eux ou avec les enfants ». Rien que de très « normal » - quoi qu’inquiétant - : seulement 5 000 locuteurs principalement concentrés dans la région de Fès maîtrisent cette langue, jaugent des sources locales.

On comprend mieux pourquoi le judéo-arabe marocain peine (c’est un euphémisme que de l’écrire) à se transmettre de génération en génération. Sans compter que le Maroc ne dénombrerait actuellement que 2 400 Juifs, d’après une estimation du think tank Jewish People Policy Institute (JPPI) révélée en 2015, contre 5 à 10 000 selon l’Unesco, majoritairement installés dans les grands pôles urbains. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, ils étaient 250 000 répartis dans le royaume de Mohammed V, bénéficiant alors de la protection du monarque contre la politique meurtrière de l’Allemagne nazie et de la collaboration du régime de Vichy en France.

Son cousin, le judéo-espagnol, n’a pas de quoi rivaliser. Dérivé du vieux castillan et de l’hébreu, il est aujourd’hui parlé par « un certain nombre » (en réalité, aucune donnée sur les locuteurs de ce dialecte n’est disponible jusqu’à ce jour, selon l’Unesco) de Juifs séfarades d’Europe de l’Ouest et d’Afrique du Nord. Outre l’Algérie, c’est à Melilla et Ceuta qu’il faut tendre l’oreille pour en entendre quelques bribes. Le judéo-espagnol, pour la petite histoire, s’est répandu dans le pourtour méditerranéen après l’expulsion des Juifs d’Espagne par un décret signé en 1492 par les rois catholiques d'Espagne Isabelle de Castille et Ferdinand II d'Aragon.

…quand d’autres ne sont quasiment plus parlées 

L’étau se resserre encore plus sur le sanhaja de srayr. Cette langue, qui endosse la paternité de plusieurs dialectes - Zenaga, chleuh et kabyle -, est toujours parlée dans le nord du Maroc, à l’ouest du Rif. De récentes recherches et d’autres toujours en cours en ont montré la vitalité, bien qu’elle soit classée « en situation critique » ; les locuteurs les plus jeunes sont les grands-parents et leurs ascendants, et ils ne parlent la langue que partiellement et peu fréquemment.

Même verdict pour la ghomara, du nom de l’ethnie éponyme du nord marocain d’origine berbère, entre les fleuves Oued-Laou et Ouringa, au nord de Chefchaouen, au sud de Tétouan et à l’est du Rif. Les habitants de Kasbat Tadla, à une trentaine de kilomètres de Beni Mellal, en savent quelque chose : le sort de leur tamazight local est suspendu à 1 637 personnes, soit suffisamment peu pour que l’Unesco considère « éteinte » cette langue, estimant qu’« il ne reste plus de locuteurs ».

Pas âme qui vive non plus pour diffuser le judéo-berbère de nos jours. Cette langue, autrefois déployée dans les zones rurales de l'Atlas supérieur et du Moyen Atlas, n’a pas survécu à l’exode des juifs marocains dans les années 1950.

 

Source :  Ya Biladi

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